La rentrée est passée. Et votre motivation ?
Les jours raccourcissent. Les agendas se resserrent. Et l’élan de la rentrée commence parfois déjà à s’essouffler.
Début septembre, tout semblait pourtant possible : reprendre le sport, mieux manger, retrouver la forme, perdre quelques kilos, prendre davantage soin de soi…
Puis le quotidien reprend ses droits. Une séance saute. Puis une deuxième. La fatigue s’installe. Les journées paraissent plus courtes. Et ce qui semblait évident trois semaines auparavant demande soudain beaucoup plus d’effort.
Et si le problème n’était pas votre motivation ? Car cette baisse d’élan n’a rien d’exceptionnel. Elle s’explique par des mécanismes psychologiques, mais aussi par l’influence de notre environnement et des saisons sur notre niveau d’activité.. Et surtout, elle nous apprend quelque chose d’essentiel : pour tenir dans la durée, la motivation ne suffit pas.
Pourquoi les bonnes résolutions s'essoufflent
En 2020, quatre chercheurs (Martin Oscarsson, Per Carlbring, Gerhard Andersson et Alexander Rozental) ont suivi pendant un an 1 066 personnes ayant pris une résolution de début d’année.
Au terme de l'étude, 55 % des répondants estimaient avoir réussi à tenir leur résolution.
Mais l’un des enseignements les plus intéressants concerne la manière dont les participants avaient formulé leur objectif.
Les chercheurs distinguent deux orientations.
Aller vers un résultat :
« Retrouver du tonus. »
« Faire deux séances de renforcement par semaine. »
« Courir 5 km sans m’arrêter d’ici fin novembre. »Ou, au contraire, chercher à éviter une situation :
« Ne plus rester des semaines sans bouger. »
« Ne plus être essoufflé au moindre effort. »
« Ne plus me sentir mal dans mon corps. »
La différence est significative : 58,9 % des personnes ayant formulé un objectif orienté vers ce qu'elles souhaitaient atteindre se considéraient en réussite, contre 47,1 % de celles dont l'objectif consistait à éviter quelque chose. Une différence de près de 12 points.
La formulation d’un objectif n’est donc pas anodine.
Notre cerveau mobilise mieux nos ressources lorsque nous savons vers quoi nous voulons aller que lorsque nous savons seulement ce que nous voulons fuir.
Pour reprendre une activité physique, mieux vaut donc se donner un cap : « je veux retrouver du tonus », plutôt que partir d’un constat : « il faut absolument que j’arrête d’être sédentaire ».
Et à l’automne, l’environnement s’en mêle
À ce mécanisme psychologique s’ajoute un phénomène très concret : notre niveau d’activité varie avec les saisons.
Une vaste revue scientifique portant sur 110 articles, 144 études, plus de 118 000 personnes dans 30 pays a étudié les variations de l’activité physique et de la sédentarité en fonction des saisons et des conditions météorologiques.
La tendance est nette : l’activité physique est généralement plus élevée en été qu’en hiver, tandis que la sédentarité augmente en hiver.
La durée du jour joue également un rôle : davantage d’heures de lumière sont associées à davantage d’activité physique.
D’autres travaux utilisant des capteurs de mouvement retrouvent cette relation entre lumière du jour, conditions météorologiques et niveau d’activité. Cela ne signifie évidemment pas qu’un ciel gris nous condamne au canapé, mais que l’environnement rend progressivement certains comportements moins spontanés.
Et c’est précisément à ce moment-là que la stratégie devient plus importante que la motivation.
Le piège : attendre d’avoir envie
Nous avons tendance à imaginer le changement ainsi : Motivation → Action → Résultat
Donc tant que je suis motivé, je m’entraîne.
Le problème est évident : que se passe-t-il lorsque la motivation baisse ? La séance disparaît avec elle.
Pour tenir dans la durée, il faut progressivement inverser cette logique :
Repères → Action → Résultat → Satisfaction → Motivation
Autrement dit, ne plus attendre d’être motivé pour agir, mais créer les conditions qui permettent à l’action de nourrir la motivation. C’est une différence fondamentale.
De la motivation à l’engagement
La motivation fluctue. Les saisons aussi. Vouloir maintenir toute l’année le même niveau d’envie est donc probablement une mauvaise stratégie. L’enjeu est plutôt de construire des repères qui permettent de continuer à agir lorsque l’élan retombe : un objectif positif et concret, une activité adaptée, du plaisir, des progrès visibles et une alimentation qui soutient l’énergie.
C’est l’un des principes de Sport Méta Zen® : ne pas faire reposer la régularité sur la seule volonté, mais créer les conditions qui permettent de rester engagé dans la durée.
Fin septembre marque justement ce moment charnière : celui où l’élan de la rentrée doit progressivement laisser place à une pratique durable, à un véritable engagement envers soi-même.
Alors, plutôt que de vous demander : « Comment retrouver ma motivation ? »
posez-vous une autre question : « Qu’est-ce qui me permettrait de continuer, même lorsque je suis moins motivé ? »
Car la performance durable ne consiste pas à être toujours motivé, mais à rester focalisé sur son objectif, surtout lorsque la motivation fluctue. Savoir pourquoi on agit reste sans doute l’un des moteurs les plus puissants pour inscrire son engagement dans la durée.
Juliane Leclair
Coach Sport Metazen®, la Signature corporelle de Stratégie de la Réussite®,
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